Utilisez-vous le bon lubrifiant pour la chaîne de votre vélo?

Chaîne de vélo de course

Lubrifiez-vous la chaîne de votre vélo de course correctement ?

Avant d’écrire cet article, je croyais que je faisais juste, depuis le temps… Eh bien pas tout à fait ! Décidément je n’aurai jamais fini d’apprendre… ;-)

Pourtant ça ne paraît pas compliqué : quelques gouttes d’huile et le tour est joué, non ?

Que faut-il savoir de plus ?

Voici quelques éclairages :

 

Lubrifiant – graisse – huile : quelle différence ?

Velo_de_course_84.2_huile

On dit généralement : « graisser » sa chaîne et non pas : « lubrifier » sa chaîne… ça fait un peu snob, vous ne trouvez pas ?

Par contre, « huiler » ne se dit pas – ou du moins je ne l’ai jamais entendu.

Le mot « lubrifiant » est en effet un terme générique qui veut simplement dire : « produit utilisé pour atténuer les frottements ». Hmm, ce n’est pas réservé au vélo… :-)

Lubrifiant est aussi employé en anglais (lubricant) et généralement abrégé « Lube », mot que vous verrez souvent écrit sur les bouteilles.

Paradoxalement, on ne « graisse » pas sa chaîne avec de la graisse, car il faut un produit fluide.

 

Pourquoi ne peut-on pas utiliser n’importe quelle huile ?

Vélo huile graissageComme vous l’aurez constaté – vous avez payé assez cher pour cela – le groupe (chaîne, plateaux, pignons) qui équipe votre vélo est constitué de pièces métalliques très fines, qui frottent les unes contre les autres et s’emboîtent avec une précision toute horlogère.

 

Par conséquent, si vous utilisez la première huile venue, elle risque de lui faire plus de mal que de bien !

Le but de la lubrification est donc avant tout de ménager les pièces pour les garder en bon état le plus longtemps possible, sinon bonjour le trou dans le porte-monnaie…

J’ai lu sur certains forums des cyclistes que se plaignaient des prix élevés de ces lubrifiants : en effet, dans l’absolu, payer 10 € pour une bouteille de 100 ml ça fait cher le litre (100 € !) comparativement à une huile de voiture.

Mais il faut se rappeler que pour graisser sa chaîne, 3-4 gouttes suffisent !

Et un bon lubrifiant à 10 €/100 ml vous économisera beaucoup d’argent si vous ne devez pas remplacer votre chaîne et votre cassette trop souvent.

 

Quel type de lubrifiant choisir ?

Voici ce que je croyais :

Sur les bouteilles on lit généralement :

  • « Dry lube » ou « Lubrifiant pour conditions sèches »

ou

  • « Wet lube » ou « Lubrifiant pour conditions humides »

J’ai toujours compris que l’on utilisait le lubrifiant « sec » pour le vélo de course et le lubrifiant « humide » pour le VTT.

En fait, c’est un peu plus subtil que ça ;-)

Il existe en gros 3 catégories de lubrifiants (avec ensuite des nuances suivants les composants) :

  • humide
  • sec
  • « entre-deux »

Note : les illustrations ci-dessous sont choisies au hasard !

Le lubrifiant « sec » (dry lube en anglais) :Dry lube Motorex pour vélo de course

Voici un détail que j’ignorais totalement : le lubrifiant « sec » est appelé ainsi parce qu’une fois bien réparti sur les pièces de votre groupe, il va sécher. Eh oui !

Avantagesune fois sec, il n’est plus collant. La saleté ne va donc pas y adhérer – contrairement au lubrifiant humide – à condition de ne pas en mettre trop (comme je le disais plus haut, 3-4 gouttes suffisent).
Si le temps est au beau et les routes sèches, vous n’aurez pas besoin d’en remettre avant plusieurs sorties, ni d’essuyer la chaîne car elle ne devrait pas attraper la saleté.

Astuce : pour savoir si votre chaîne a besoin d’être lubrifiée ou non, écoutez-là en roulant : elle ne doit pas faire de bruit.

Inconvénients : ce lubrifiant a besoin de quelques heures pour bien sécher, donc mieux vaut l’appliquer la veille au soir. Avec une application de dernière minute, votre chaîne sera noire et encrassée immédiatement ! (Je comprends mieux mes déboires…)

Ce lubrifiant n’est pas résistant à l’eau. Cela signifie qu’après chaque sortie sous la pluie ou sur des routes détrempées, il faut très rapidement tout sécher à l’aide d’un chiffon (pour que la chaîne et surtout les pignons ne rouillent pas), et graisser à nouveau.

 

Le lubrifiant « humide » (wet lube en anglais) :Lubrifiant humide pour vélo de course et VTT

Ce lubrifiant reste.. humide ! – ou collant au toucher si vous préférez.

Avantages : résistant à l’eau, il constitue une excellente protection par temps humide et ne sera pas lessivé à la première pluie.

Il est utilisé le plus souvent sur les VTT ou les vélos de cyclocross qu’il faut davantage protéger contre la boue, l’eau et la saleté des chemins, mais aussi idéal sur des (très) longues sorties sur route par mauvais temps.

Inconvénients : il faut fréquemment essuyer la chaîne et les autres pièces avec un chiffon pour les débarrasser de ce mélange graisse/saleté.

En effet, ce « cambouis » aura le même effet que si vous frottiez votre chaîne avec un papier de verre grossier ! Les pièces vont alors s’user beaucoup plus vite si vous ne l’ôtez pas.

Astuces : il n’est pas nécessaire de dégraisser à fond avec de remettre ce lubrifiant : l’important est d’essuyer ce cambouis au maximum (n’oubliez pas les 2 roulettes du dérailleur).
Ne jetez pas vos vieilles chaussettes (de sport ou de ville), car elles vont très bien pour essuyer. Veillez à utiliser 2 épaisseurs, car sinon la graisse passera à travers et vous en aurez plein les doigts !

 

Le lubrifiant « entre-deux » à base de cire :Lubrifiant cire pour vélo de course

Il conviendra plutôt pour des conditions sèches et avec des routes poussiéreuses.

Avantages : la cire va attraper la saleté et la « repousser » pour qu’elle n’affecte pas la mécanique. Donc pas besoin d’essuyer la chaîne avant de ré-appliquer du lubrifiant.

Inconvénients : il faut en remettre presque après chaque sortie, car la cire s’en va très vite…

 

Avec des additifs, c’est mieux ?

Aucune idée ! Mais il faut croire, sinon ils n’en mettraient pas… Les nouveaux produits « tendance » sont à base de céramique, nano-céramique, téflon, fluoropolymères…

Il y a même un produit qui contient du nitrure de boron, fait pour supporter une température jusqu’à 1200°C ! Hmm, vous pouvez me dire à quoi ça sert sur un vélo ?

 

Lubrifiant en spray plutôt qu’en bouteille (ou en burette) ?Lubrifiant en spray pour vélo de course

J’avoue ne pas avoir d’expérience avec les sprays. J’ai toujours acheté mes lubrifiants en bouteille.

Mais je verrais un inconvénient majeur au spray – maladroite que comme je suis : celui de mal viser et d’en mettre par inadvertance sur la jante de ma roue arrière. Or, une jante grasse pour freiner ce n’est pas top  :-(

 

Voici mes astuces pour lubrifier mes vélos :

Ce que j’utilise :

L’été sur mon vélo de course, j’utilise du lubrifiant « sec » : si le temps est sec, je fais facilement 5-10 sorties sans entretien, sauf si les routes sont poussiéreuses, car ça finit quand même par encrasser un peu.

J’utilise du lubrifiant « humide » sur mon VTT, ainsi que sur mon vélo de course à la mauvaise saison, car les routes sont souvent humides voire détrempées. J’essuie régulièrement ma chaîne et lui remet ensuite 3-4 gouttes si nécessaire.

 

Comment j’applique mon lubrifiant :

A la maison, je mets quelques gouttes sur une brosse à dent et je répartis sur la chaîne, la cassette, les plateaux, les roulettes du dérailleur. Je fais ensuite tourner les pédales et en changeant les vitesses pour en mettre partout.

Brosse à dent pour lubrifier la chaîne de vélo

Mon mécano, lui, l’applique avec les doigts… ;-)

Si je n’ai pas de brosse, je fais tomber quelques gouttes sur partie de la chaîne à la hauteur  de la cassette et je fais tourner en changeant bien toutes les vitesses et les plateaux.

 

Mon conseil pour les week-ends ou séjours de vélo :

Ayez en permanence dans votre sac de sport ou dans votre voiture un fond de bouteille de lubrifiant (sec ou humide, peu importe) et 1-2 chiffons ou chaussettes. Cela pourra vous dépanner, et souvent les copains aussi !

Antoinette

 

 

 

 

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21 Responses to Utilisez-vous le bon lubrifiant pour la chaîne de votre vélo?

  1. bisotto jean loup says:

    Bonsoir Antoinette ,tout d’abord merci de toutes tes info sur ,les amoureux de la petite reine.J’ai bien lu les divers commentaire,j’habite a cagnes sur mer dans les alpes maritimes,pour ma part avant j’utiliser un lubrifiant mais les main après le nettoyage ,reste très sale ,et il fallait un bon moment a les nettoyé.Maintenant je n’ai plus de problème avec tel et tel produit ,chez culture vélo pour ne pas les nommer.ou je fais révisé toutes les année après chaque saison Je ne vais pas être trop long dans mon discourt ,et pour ma part le produit que j’utilise est un nettoyant pour tout le vélo ,cadre , chaîne,plateaux ,produit biodégradable,vraiment super dérailleurs enfin tout .produit,Wurth,produit liquide de couleur verte. Voila bonne soirée antoinette ,et merci encore ..Si cela peut rentre service a beaucoup de cyclistes …Bien a toi…jean loup

    • Antoinette says:

      Bonjour Jean Loup,
      Merci pour tes expériences ! J’ai effectivement vu les produits Würth sur Internet, mais je ne les ai jamais vu en Suisse… En tout c’est intéressant de connaître cette marque (j’ai vu qu’ils ont aussi les lubrifiants secs et humides) si je m’approvisionne en France à l’occasion.

  2. Joebar says:

    Hello, un truc pour ne pas mettre une huile en spray partout est de plier une enveloppe en « V » à mettre juste en-dessous de la chaîne en faisant remonter un peu celle-ci d’un côté et de l’autre de la chaîne. L’éventuel surplus va au fond du « V » de l’enveloppe et la roue est protégée. Bon, cela demande d’attraper le coup de main et de ne pas prendre une enveloppe trop grande, mais une fois ok, assez pratique. Et encore plus facile avec le vélo sur un support à vélo… Biz

    • Antoinette says:

      Merci pour cette astuce ! Après celle de Gil avec le carton… Avec ces deux méthodes, on voit en plus bien si on en met trop ou pas !

      Mais finalement, pour bien appliquer du lubrifiant sur sa chaîne, il suffit de savoir recycler : carton, enveloppe, brosse à dent… :-)

  3. Monica Berthoud says:

    coucou Antoinette,

    Excellent article!!! Bravo! Moi non plus, je ne savais pas que l’on doit mettre le sec le soir avant. Par rapport au spray, j’ai une toute petit tuyau qui s’enfile dans le trou du sprayeur, ça évite de mettre partout. Et si l’on utilise un lubrifiant très liquide, on peut pencher le vélo du côté de la chaîne, pour que les gouttes tombent parterre et non pas sur la jante. Merci pour tout ton temps et ton investissement…. pour NOUS!

  4. Fanch says:

    J’utilise de l’huile de chaîne de tronçonneuse. Ses propriétés filantes la rendent très facile à appliquer : ce ne sont pas des gouttes qui sortent de la burette, mais un mince filet. Elle s’étale très bien sur la chaîne et a une très bonne résistance à l’eau.

    • Antoinette says:

      Merci pour cette info ! C’est effectivement aussi ce que j’ai pu lire, sa bonne résistance à l’eau. Mais est-ce que ta chaîne ne s’encrasse pas trop vite ?

      • Fanch says:

        Je n’ai pas de problème d’encrassement pour l’instant. Il y a en principe peu de risque avec ce type d’huile, par ailleurs recommandé par la plupart des fabricants et réparateurs de machines en tous genres utilisant des transmissions par chaînes.

        À éviter : les huiles moteur, trop épaisses pour atteindre les galets des chaînes, et qui s’encrassent facilement.

  5. Patricia says:

    Bonjour Antoinette,
    Que pensez vous de l’huile à machine à coudre ? Sur celle que je trouve par chez moi (aucun magasin pour vélo spécialiser là ou je vis), il est indiqué que c’est bon pour les chaînes de vélo…
    Merci par avance
    Patricia

    • Antoinette says:

      Bonjour Patricia,

      Question super intéressante ! Je viens de parcourir les forums de vélos pour dénicher des réponses et voilà ce que j’ai trouvé :

      L’huile pour machine à coudre est en fait de l’huile de vaseline – ce que j’ignorais ! (ce n’est pas indiqué sur ma burette…)

      Comme c’est une huile très fine elle aura l’avantage de bien lubrifier sans abîmer, et apparemment bon nombre de cyclistes l’utilisent.

      En revanche, elle semble avoir le désavantage d’attraper toutes les poussières ! Donc la chaîne va devenir noire assez vite… A cause de ça il faudra essuyer la chaîne et en remettre assez souvent. C’est pourquoi certains cyclistes ne l’aiment pas du tout. Et je n’ai rien trouvé quant à sa résistance à l’eau… à tester !

      En plus, vu qu’elle est très fluide, il faut faire attention à ce qu’elle ne coule pas sur la jante de la roue arrière. Le mieux est d’en mettre quelques gouttes sur une brosse à dent.

      Si l’huile de vaseline n’est pas concluante et que vous voulez quand même trouver du lubrifiant spécifique, peut-être en commander via Internet, sur un des multiples sites qui vendent des articles de vélo ?

      En tout cas, si vous essayez l’huile de vaseline, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire ici pour nous dire si c’est concluant ou pas !

      • Patricia says:

        Bonjour et merci pour votre réponse,
        Je l’utilise déjà mais ne savais pas si c’était bien ou pas (je suis débutante). Effectivement la chaine attape les poussières de la route mais je pense aussi que je dose très mal ma consommation car j’en met bien plus que 4 gouttes… Et j’imagine que la quantité de poussières doit être proportionnelle à la quantité de lubrifiant présent sur la chaîne?
        À bientôt
        Patricia

        • Antoinette says:

          C’est une huile « humide », donc elle va forcément attraper les poussières, mais c’est certain qu’en en mettant moins, vous en aurez moins de poussière qui se collera. L’essentiel c’est que la chaîne ait un petit film de gras pour la protéger, mais pas plus ! :-)

      • Fanch says:

        J’ai eu essayé l’huile de machine à coudre. C’est plus difficile à répartir que l’huile de tronçonneuse et ça ne tient pas à l’eau. Il faut en remettre dès que la chaîne est sèche par temps humide ou après un lavage, sinon gare à la rouille et, à la limite, aux risques de grippage.

        • Antoinette says:

          Fanch, merci pour tes super conseils ! Et c’est bien que tu aies aussi souligné ce point important : il faut que tout (chaîne, cassette, plateaux) soient vraiement secs avant de remettre du lubrifiant :-)

  6. Bsr Antoinette, et bien voilà à nouveau un article plein d’enseignements utiles et dont pour certains je n’avais aucune idée, j’utilise aussi bien du lubrifiant en spray que sous forme liquide mais avec une préférence pour celui en spray. Mais comme tu le décris il faut faire attention de ne pas en mettre de partout, pour cela un morceau de carton placé juste derrière la cassette limite les dégâts, sinon il faut essuyer le surplus. J’ai appris qu’il fallait éviter de lubrifier juste avant de partir (pour le sec) chose que je fais parfois… encore merci pour la richesse de tes articles.

    • Antoinette says:

      Merci Gil ! Super ton astuce de protéger avec un carton. C’est vrai que le spray a un avantage sur le liquide : on peut mieux le répartir, donc moins besoin de faire tourner la roue arrière, ce qui n’est en plus pas pratique si on n’a pas de support pour poser le vélo.

  7. bon article! moi je n’utilises que du dry lube, et j’ai tendance à faire un nettoyage au chiffon/brosse avant. Ayant vu une vidéo youtube à ce propos il y a un an, j’avais appris à l’époque qu’il fallait effectivement ne pas graisser juste avant de partir!
    Par contre je crois que je mets bcp trop d’huile, je vais baisser ma consommation! :)
    Merci pour ces infos en tout cas.

    • Antoinette says:

      Merci !
      J’avais aussi la main « lourde » (si on peut dire, pour des gouttes d’huile…) comme toi, mais à force de me faire remettre à l’ordre par mon mécano, j’ai appris à être plus parcimonieuse :-)

  8. Brigitte says:

    Super intéressant ! J’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas , en particulier :
    appliquer le lubrifiant sec la veille au soir … et le fait qu’il ne résiste pas à la pluie …

    • Antoinette says:

      Coucou Brigitte,
      Pour toi qui fais autant de km – par presque tous les temps – ta chaîne, elle doit s’user vite !
      Ce que je me demande, c’est combien de cyclistes masculins savent vraiment tout ça… ;-)

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