Selle de vélo de course – Aïe ! j’ai mal aux fesses ! (partie 2)

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Dans la 1ère partie de mon article sur le « mal de fesses » à vélo, je vous ai surtout parlé du choix de la selle. J’en profite pour vous remercier de vos commentaires fort intéressants, qui ont apporté d’excellents compléments !

Alors, une fois que vous avez trouvé « selle à votre postérieur » (pour ne pas dire « chaussure à votre pied »), qui sont les autres coupables du « mal de fesses » ?

En effet :

Pourquoi avez-vous (encore) des « petits bobos » ?

La coupable principale se nomme : la friction.

C’est la friction de la peau de votre cuissard sur votre propre peau – et sur les muqueuses pour nous les femmes qui est responsable :-(

Mais la friction a aussi d’excellents alliés :

  • la transpiration, qui vient y rajouter son « grain de sel », amenant humidité assaisonnée de sels minéraux bien abrasifs
  • les bactéries qui se développent joyeusement dans ce confinement chaud et douillet…

Tout ce joyeux cocktail provoque :

  • une abrasion de la peau ou des muqueuses pouvant aller jusqu’à de sérieuses brûlures
  • une inflammation des follicules pileux (racine des poils) pouvant s’infecter et provoquer un abcès

 

Comment améliorer la situation ?

Voici une série de mesures que vous pouvez appliquer :

Vérifiez la hauteur de votre selle :

Vérifiez que vous n’êtes pas assis trop haut : si vous vous déhanchez en pédalant, même légèrement, le cuissard va se déplacer encore plus.

A noter qu’une selle trop haute peut aussi être à l’origine de douleurs au niveau du tendon externe du genou.

Demandez à un ami de vous observer de dos : s’il voit une légère oscillation de votre bassin, vous pouvez essayer d’abaisser votre selle de 2-3 mm (j’ai bien écrit : millimètres et pas centimètres !). Cela peut suffire pour faire la différence.

Vous pouvez voir des explications complémentaires dans cette vidéo (vers la minute 3:35).

Quel âge a votre selle ? 

Ou plutôt combien de kilomètres a-t-elle ?Velo_de_course_99.5_selle

Comme l’a très justement fait remarqué Brigitte, dans son commentaire laissé au bas de mon article précédent, une selle s’affaisse avec le temps – à force de devoir vous supporter ! :-D

Par conséquent, si elle commence à vous faire mal sans raison – généralement « devant », car c’est le milieu de la selle qui s’affaisse – c’est peut-être le moment d’en changer. Tout dépend des modèles et de votre poids, mais cela peut se produire après 10-30’000 km (ou plus).

Si votre selle actuelle était très confortable, tâchez de retrouver le même modèle ! A moins que le modèle lui-même n’ait changé de forme… :-(

Si, si, cette mésaventure m’est arrivée avec ma selle Fizik Vitesse. Non seulement ils ont légèrement modifié l’assise, mais également la coque de la selle (dessous), au point que j’ai dû carrément changer de tube de selle, car avec la nouvelle selle je tapais le haut du tube sur chaque bosse,  grrr…

Par contre, si vous n’étiez pas « super bien », c’est peut-être l’occasion de tester de nouveaux modèles.

Astuce : si vous remplacer votre selle par une selle identique, n’oubliez pas que vous serez tout à coup assis plus haut de quelques millimètres !
Eh oui, votre ancienne selle, en s’affaissant, vous faisait asseoir de plus en plus bas…
Vous pourriez ressentir des douleurs inhabituelles, mais en principe passagères, le temps de vous réhabituer à la « bonne » hauteur. Mais si c’est trop inconfortable, descendez votre selle de 2-3 mm pour un temps.

 

Investissez dans un bon cuissard :

Personnellement, je réserve une grande partie de mon budget vélo pour acheter régulièrement des cuissards de qualité.

Je vous conseille vivement d’investir dans un bon cuissard (mais pas forcément le tout haut de gamme) : la peau doit être de bonne qualité et bien adaptée à votre anatomie (vous trouverez plus de détails dans ce précédent article)

Choisissez-le « moulant » : par là je veux dire qu’il doit être bien ajusté, soit un peu difficile à enfiler. Un cuissard qui flotte bougera et vous blessera.

Un cuissard de qualité ne se déforme pas : il ne va ne rétrécir au lavage, ni se détendre, sauf si vous ne l’entretenez pas correctement (plus de détails dans cet article) ou avec l’usure, quand il devient « transparent » au niveau postérieur (hmm, pas très esthétique, vu de derrière – quand on voit votre… derrière).

 

Rachetez régulièrement un nouveau cuissard :

Vous pouvez sans autre portez pendant 10 ans le même maillot de vélo acheté très bon marché au supermarché du coin ou reçu sur une course, mais PAS un cuissard !

la peau va forcément s’user avec le temps et commencer à vous faire mal (gardez-le éventuellement pour des mini-sorties ou pour le home-trainer l’hiver).

Je sais que cela fait mal au coeur de jeter un cuissard qui semble encore « neuf », vu leur prix ! Mais à vous de choisir : avoir des irritations et mal en roulant… ou pas !

Un nouveau cuissard peut être inconfortable les 2-3 premières fois que vous le portez : c’est normal, le tissu est neuf et doit prendre forme et se patiner un petit peu.

Conseil : lavez tout nouveau cuissard avant de le mettre la première fois ! Il contient des produits de conservation pas spécialement bons pour la peau.

Pour les femmes, vous trouverez ici un comparatif de différents modèles fait par Brigitte. Mais à nouveau, nous avons chacun-es une morphologie différente : le choix de votre cuissard est personnel !

Astuce : lorsque vous avez trouvé un cuissard qui vous convient (vous l’avez testé sur plusieurs longues sorties), cassez votre tire-lire et achetez-en 1-2 de plus ! Les modèles changent d’une saison à l’autre : vous n’aurez aucune garantie de retrouver exactement le même dans une année !

 

Comment (sup)porter votre cuissard ?

Appliquez une crème protectrice sur votre peau : ma préférence va aux Velo_de_course_99.3_tube_pommadeonguents gras (mais pas de la vaseline pure) qu’on achète en pharmacie.

Il est vrai qu’on trouve dans les magasins de vélo ou sur les sites Internet ces crèmes « spécial cuissard ». Je ne suis personnellement pas favorable à ces crèmes, surtout pour nous les femmes, car elles sont « antibactériennes » et souvent présentées en pot (et pas en tube), donc bourrées d’agents conservateurs (la famille des parabènes entre autres) car on met les « doigts dedans », donc des bactéries…

Or, ces agents conservateurs sont généralement fortement déconseillés dans les lotions pour la peau, alors imaginez si la crème déborde sur vos muqueuses… De plus, ces marques sportives n’ont pas toujours subis des tests de sensibilité aussi poussés qu’un produit vendu en pharmacie.

Astuce : n’appliquez pas seulement un « film », mais une épaisse couche de crème. Et quand je dis « appliquer », c’est vraiment étaler sans faire pénétrer.

Astuce spécial femmes : n’appliquez jamais de crème sur les muqueuses ! Uniquement de chaque côté, sur la peau, sinon bonjour les brûlures en roulant.

On lit parfois sur les étiquettes des cuissards : « avec traitement antibactérien » : cela signifie que le tissu a été traité chimiquement et renferme un produit antibactérien, qui va s’estomper avec les lavages successifs. Je déconseille vivement ces cuissards aux femmes !

J’en ai fait l’expérience avec des cuissards « hommes » (à l’époque on ne trouvait pas encore de modèles femmes) : eh bien bonjour les irritations !

Mieux vaut un cuissard non traité et ajouter ensuite votre propre crème sur votre peau à vous.

A la fin de chaque sortie, quittez votre cuissard le plus rapidement possible, surtout s’il fait chaud et que vous avez bien transpiré ! Sinon les bactéries vont s’en donner à coeur joie.

Lavez votre cuissard après chaque sortie, même si vous n’avez fait que 30 km : n’oubliez pas que votre cuissard sert de « slip » et que nous émettons aussi des petites bactéries par nos orifices naturels, même avec une hygiène parfaite !

 

Comment soigner les « bobos » ?

Si vous avez simplement des rougeurs :

  • séchez-vous bien après la douche (sortez de la salle de bain humide !)
  • appliquez une crème désinfectante non grasse
  • enfilez un vêtement ample en coton sans élastiques qui pourraient serrer « aux mauvais endroits »

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Si un abcès s’est formé :

Ici je vous parle d’expérience, car dans mes premiers camps et mes premières années de vélo, je ne compte plus le nombre de fois que j’ai eu – et fait – ce qui suit :

Vous avez une bosse plus ou moins grosse et douloureuse, même sans pression (le fameux follicule enflammé) comme un gros bouton d’acné :

  • il vous faut impérativement le percer (avec une aiguille préalablement bien désinfectée)
  • vous le désinfectez ensuite avec un désinfectant liquide (à base d’eau plutôt que d’alcool si vous ne voulez pas sauter au plafond !) et laissez sécher à l’air
  • une fois sec, vous appliquez une crème désinfectante non grasse

Si vous n’êtes pas sûr de savoir faire ce « sale » boulot vous-même, vous pouvez attendre que l’abcès se perce de lui-même (sans remonter sur la selle entretemps !) ou, si ça s’empire, n’hésitez pas à consulter un médecin : il ne faut pas que cela s’infecte davantage.

Ensuite évitez de rouler pendant 2-3 jours, le temps que cela guérisse (à surveiller !).

Par contre, si vous êtes en camp ou en vacances avec des copains et que vous voulez rouler le lendemain, le soir faites l’asocial et allez vous allonger confortablement sur votre lit dès que possible, afin d’éviter toute pression.

Evitez le jacuzzi ou la piscine ! Entre les bactéries et les produits chimiques… :-(

Le lendemain, appliquez une épaisse couche de votre crème grasse avant d’enfiler votre cuissard et, s’il ne fait pas trop chaud, prenez votre tube – ou une petite quantité dans un mini-sachet hermétique – avec vous sur le vélo pour en remettre à mi-parcours.

Cela ne vous épargnera ni la douleur et les grimaces, mais au moins votre peau sera un peu protégée.

… Et recommencez la séance de désinfection dès votre retour !

Astuce : si vous partez en camp ou en vacances de vélo et que vous savez que vous êtes sujet à ce genre d’inflammation, pensez à prendre des vêtements amples et confortables pour l’après vélo et votre pharmacie personnelle, avec les produits qui vous conviennent.

Cette galère des abcès, comme je vous le disais plus haut, combien de fois je l’ai connue durant mes premiers camps de vélo ! Heureusement, aussi bien l’amélioration de qualité des peaux que l’apparition de cuissards dames, ont transformé ce cauchemar en seulement quelques rougeurs occasionnelles – quand je suis trop flemmarde pour appliquer de la crème !

 

Faites une prochaine sortie… « corsée » !

Velo_de_course_99.4_route_de_montagneSi vous avez « mal aux fesses », mais que vous tenez absolument à aller rouler le lendemain, appuyez sur les pédales et « tirez gros » ! Prévoyez une sortie avec du dénivelé, levez-vous souvent de la selle et montez en danseuse… Plus vous appuyerez sur les pédales, moins vous mettrez de poids sur la selle.

 

 

Une sortie « plate » de 200 km genre « tour du lac Léman » n’est pas des plus conseillée ;-)

Antoinette

 

 

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8 Responses to Selle de vélo de course – Aïe ! j’ai mal aux fesses ! (partie 2)

  1. Fanch says:

    Je pense que les pneus et leur pression de gonflage peuvent aussi être une cause de douleurs, du fait des trépidations plus ou moins bien absorbées. Selon l’état de la chaussée, les personnes légères, en particulier, peuvent réduire la pression sans trop de perte de performances, tout en restant dans les valeurs préconisées par les manufacturiers.

    À pression égale, les pneus de 25 sont plus souples et tout aussi performants que les 23, et ils peuvent supporter, au besoin, des pressions plus basses, les écarts mini-maxi étant de l’ordre de 2 bars au lieu de 1.

    • Antoinette says:

      Tout à fait d’accord avec toi que la pression et la largeur des pneus améliore le confort, mais je pense que cela aura davantage d’effet positif sur le dos et les articulations. Et il est clair aussi qu’un vélo plus confortable sera d’autant plus bénéfique. Tout dépend aussi les distances que l’on fait et les revêtements, évidemment !

  2. claire says:

    Bonjour Brigitte;
    J’apporte mon temoignage de debutante et je confirme qu’un bon cuissard est indispensable.Je prends Assos et je suis tres contente car je n’ai plus de gêne surtout sur l’avant.J’ai trouvé la creme pour le change de « weleda » pour cette zone sensible; elle est naturelle , en tube et pas chère.
    Pour la selle , je choisis une évidée au centre pour soulager mon perinée.Je n’ai pas trouvé encore la perle rare, j’envisage peut-être un « Italia gel flow’ pour remplacer ma selle d’origine .
    Le « mal de fesse » a velo , cela peut-être terrible, alors merçi Antoinette pour tes conseils precieux.
    P.S:Sortie de 30km en côtes hier et pas trop de soucis grâce a tes astuces;

    • Antoinette says:

      Merci Claire pour ton témoignage !
      Je suis aussi une adepte d’Assos, même si je trouve les prix un peu surfaits. Mais j’ai essayé bien d’autres marques avant et j’avoue que depuis que je m’offre ce « luxe », je n’ai plus envie d’en changer. Mais comme je le dis, c’est tout à fait personnel… comme la selle d’ailleurs !
      Et bravo pour ta première sortie dans les « bosses » ! Tu me raconteras la suite :-)

  3. Finalement un très bon conseil, en plus ‘facile’ à appliquer que tu mentionnes, c’est de ‘bien’ dépenser dans le cuissard. Je note bien et pour mes futures sorties vélo compte bien avoir un meilleur cuissard que mon ‘premier prix’ qui n’a pas été top pour le BRM400! Même si… encore une fois… sur la longue distance, il est normal d’avoir bobo au derrière :)

    • Antoinette says:

      Oui, le cuissard est finalement très important… mais, comme l’a bien souligné bien Brigitte dans son commentaire : (re)mettre de la crème est aussi nécessaire, surtout sur des distances extrêmes comme ton BRM400 !

  4. Brigitte says:

    Bien dit, on retrouve tous les bons conseils … et on s’y retrouve tous aussi … car qui n’a pas eu mal aux fesses, au-delà d’une certaine distance au mieux on n’est plus très bien dans le cuissard. Et plus il fait chaud plus la certaine distance est courte …
    les crèmes pour les fesses des bébés permettent de sauver la situation ; par contre tant qu’on continue à rouler ça ne protège pas bien longtemps et il faut en remettre très souvent. Je trouve ça plus efficace et spectaculaire comme « réparation » le soir si on enchaine plusieurs longues distances. (cetavlon, mitosyl …chacun la sienne ;-) )
    J’ai été victime une seule et unique fois d’une épouvantable démangeaison des muqueuses au point que j’ai presque voulu arrêter la sortie, mais j’étais trop loin … et je n’ai jamais su pourquoi … lessive ? allergie ? ça a disparu au bout de trois heures de vélo en enfer ;-)

    • Antoinette says:

      Brigitte,
      Je ne sais trop que te répondre pour ton histoire de démangeaison, mais ça m’arrive parfois aussi – un petit peu – et heureusement ça ne dure pas. Mais j’ai remarqué que pour nous les femmes, cela peut dépendre de la période, car notre « chimie » n’est pas la même tous les jours et ça peut être inconfortable :-(

      Je n’ai pas donné de marques de crèmes, étant donné qu’elles changent d’un pays à l’autre, mais celle que j’achète en Suisse, le Bepanthen Onguent, est décrit comme un « onguent gras les soins du nourrisson » :-D

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