Strava ou La mort au bas de la descente ?

Velo_de_course_113.1_chronometre_Strava - © lassedesignen

Connaissez-vous – ou utilisez-vous déjà  Strava,
cette application pour vélo ou course à pied
téléchargeable sur un smartphone ou compatible avec un Garmin ?

Velo_de_course_113.2_Strava_application

Kim Flint, un ingénieur électricien californien, prend goût au vélo vers la fin de la trentaine. Comme beaucoup de cyclistes, il enregistre les données de ses parcours, et en 2010 il découvre Strava : dès ce moment-là, la vitesse devient une véritable obsession.

Pas brillant en montée, en revanche, Kim excelle en descente : « Les descentes sont le meilleur moyen de grimper au classement sur Strava » affirme-t-il.

En juin 2010, après une sortie avec des amis incluant un segment chronométré dans une descente très rapide (South Park Drive, avec 9.6% de pente moyenne et des passages à 20%, soit la descente la plus rapide des collines de Berkeley), il télécharge ses données et réalise alors qu’il a été battu de 4 secondes par un coureur régional de 20 ans !

Dix jours plus tard il part donc tout seul relever le défi… malheureusement, la descente à peine entamée, c’est l’accident : il finit sa course dans une voiture, à quelques centaines de mètres du sommet, dans un virage aveugle, l’un des seuls endroits où, selon lui, il était possible de grappiller quelques secondes.

Et comme souvent dans ces accidents : « la voiture et le vélo n’ont rien eu ».

Grièvement blessé, il décèdera peu après.

 

C’est quoi, ces segments chronométrés sur Strava ?

Pour mieux comprendre, voici quelques explications sur ce programme :

Strava (qui signifie lutter/se battre en suédois, ou « strive » en anglais) a été inventé par deux ex-rameurs dont l’un est devenu triathlète et l’autre informaticien à la Silicon Valley.

Velo_de_course_113.3_Strava_app_enregistrer

Ces deux inventeurs ont introduit dès 2009 la fonction GPS dans Strava, permettant de reproduire sur carte sur le site web les parcours effectués (système devenu monnaie courante à l’heure actuelle).

Velo_de_course_113.4_Strava_app_details_activite

Or, Strava fait non seulement office de compteur avec son smartphone, avec ensuite la possibilité de décharger vos données et  voir votre parcours sur le site Internet grâce au GPS, mais elle permet également de faire des compétitions. Le site internet n’existe qu’en anglais, contrairement à l’application traduite en français (comme vous le voyez ici sur les captures d’écran de mon smartphone).

Strava permet en effet de définir des segments chronométrés et ensuite de les mettre en compétition avec tout le monde : à qui relèvera le défi et vous surpassera !

Velo_de_course_113.5_Strava_app_rivaliser

Si vous êtes en tête, Strava vous avertira immédiatement dès que votre record est battu ! De quoi vous mettre la pression pour tenter de reprendre votre place de numéro 1.

En plus, vous êtes automatiquement inscrit dans divers classements, de vitesse, de kilomètres, de dénivelés etc.

Jusqu’ici tout cela ne paraît pas bien méchant…

Sauf que…

Jusqu’en 2012, Strava autorisait ces segments chronométrés n’importe où, sans la moindre restriction : en descente, à travers des carrefours sans priorité, sur des tronçons à vitesse fortement limitée (30 km/h) etc.

Or, les compétiteurs ne se connaissent pas forcément et n’ont donc souvent aucune idée à qui ils ont affaire, par exemple un débutant contre un ancien pro caché sous un pseudo.

Pas même besoin d’avoir conscience que vous venez d’emprunter un segment chronométré : Strava vous le fera savoir automatiquement et vous indiquera votre classement. Strava vous tend la carotte… ;-)

Mais parfois aussi, cette compétition virtuelle a de beaux côtés : elle peut se transformer en rencontres réelles avec des cyclistes de votre niveau, découverts grâce à Strava, et avec qui vous allez dorénavant faire des sorties bien réelles.

Donc tout allait bien avec Strava jusqu’à cette fin tragique de Kim Flint, dont j’ai lu l’histoire dans le numéro de novembre 2013 du magazine américain Bicycle et que je vous relate ici.

 

Etait-ce la faute à Strava ?Velo_de_course_113.6_doigt_pointe

Il s’en est fallu d’à peine une semaine pour que la presse fasse le rapprochement entre la mort de Kim Flint et Strava, avec des titres comme :

« La tentative de record de vitesse a-t-elle provoqué la mort du cycliste ? »

Ou encore :

« Le site Internet a-t-il contribué à la mort du cycliste ? »

Certains ont même parlé de « stravacide »

Strava est-il en droit de laisser proposer sur son site des segments chronométrés dans des zones dangereuses, et tout particulièrement en descente ?

Onze jours après la mort de Kim Flint, Strava a introduit sur son site la possibilité pour les utilisateurs de qualifier un segment de « dangereux », ce qui le retirait automatiquement des compétitions. Mais cela n’empêchait pas les cyclistes d’en recréer immédiatement un autre avec un point de départ légèrement différent…

 

Strava : comparable à un « produit dopant » ?

Selon des spécialistes en psychologie du sport et en neurosciences, le problème ne vient pas de la compétition en elle-même : ça fait bien longtemps que des courses informelles sont organisées entre amis. En plus, les cyclistes possèdent depuis belle lurette des outils de mesures performants grâce aux compteurs de vitesse de plus en plus perfectionnés.

Le problème vient de cette dépendance de l’électronique, qui devient comme une drogue : on effectue une course et on a tout de suite besoin de savoir si on est toujours le meilleur.

Velo_de_course_113.8_medicament

Avec le téléchargement de données sur Strava, comme avec le chocolat, la nicotine, les drogues, le jeu, il y a selon les scientifiques ce même relâchement de dopamine dans le cerveau qui nous apporte du bien-être.

Le cycle de la dopamine peut être généré par la curiosité, l’intérêt personnel ou la compétition. Strava combine les trois.

Quand on est accro, notre seule préoccupation est : « Où est-ce que je vais obtenir mon prochain shoot ? » Cela correspond à la partie centrale du cerveau, la plus ancestrale, qui génère l’instinct de survie.

Le contrôle de soi vient d’une autre partie du cerveau. A vélo, en montée on n’est a pas vraiment besoin, mais en descente, oui… Les appareils et les jeux électroniques, les réseaux sociaux etc. auxquels on devient accro activent avant tout la partie centrale du cerveau, au détriment du contrôle de soi.

 

Kim Flint ne fut pas le seul :

Deux ans après le décès de Kim Flint, un autre cycliste a voulu battre un record de segment sur Strava dans les rues San Francisco, mais cette fois-ci c’est lui qui a provoqué la mort : il a traversé un carrefour au rouge, s’est retrouvé face à un « mur » de piétons qui traversaient et a provoqué une collision qui a été fatale à l’un d’eux.

Un homme a été tué par un cycliste accro à la vitesse, en chasse d’un record, au milieu d’un carrefour en pleine ville…

A nouveau, Strava a été montré du doigt : comment peut-on tolérer un segment chronométré traversant un carrefour important, régulé par des feux ?

 

Velo_de_course_113.7_balance_justiceStrava est poursuivi en justice :

En 2012, Strava est poursuivi en justice par les parents de Kim Flint (mais pas par la famille du piéton tué), pour qui Strava était responsable de la mort de leur fils.

 

Selon l’accusation, Strava offre la possibilité à n’importe quel cycliste de faire de la compétition sur route ouverte, contre des adversaires invisibles et inconnus (donc en ignorant leur niveau), au point d’en oublier les règles élémentaires de prudence et la signalisation.

 

Strava modifie son site :

Entretemps, Strava avait déjà légèrement modifié sa politique : les segments chronométrés sont homologués seulement si leur pourcentage moyen est nul ou positif.

Certains ont proposé que Strava ne valide pas non plus un record si la vitesse limite autorisée sur un segment a été dépassée : totalement irréalisable a répondu Strava, car cela concernerait des milliers de segments (répartis actuellement sur plus de 220 pays).

En juin 2012, l’un des deux responsables créa une page intitulée Stand With Us (qu’on peut traduire par : Soyez à nos côtés), comportant 5 règles de bonne conduite :

1. Respect des règles

2. Respect de son corps par le repos

3. Respect d’autrui

4. Préméditation de ses actes

5. Soutien mutuel

En revanche, Strava a refusé d’entrer en matière sur la question des limitations de vitesse et des descentes, arguant que le cyclisme sans descentes ce n’était pas du cyclisme et que chacun était responsable et libre de désactiver un segment qu’il le considérait comme dangereux.

 

Le procès :

Les arguments de la défense furent les suivants :

♦ Le cyclisme comporte un certain risque.

♦ Lorsque Kim Flint est devenu membre de Strava, il a accepté les termes et conditions du site, stipulant que (je résume) :

  • Strava n’est responsable d’aucun dommage pouvant survenir au membre ou à autrui ou à la suite d’une mauvaise utilisation du site
  • Strava n’avait aucun contrôle sur les activités de Kim Flint, pas plus que sur ses lieux de sorties ou les circonstances dans lesquelles il les effectuait

Strava ne pouvait aucunement être poursuivi, car le site tombait sous le coup de la « Communication Decency Act » (CDA), une législation datant de 1996, destinée à l’origine à réguler les sites pornographiques (!) et appliquée par la suite à l’ensemble des sites web, déchargeant tout auteur de site Internet d’éventuelles conséquences offline, donc dans le cas présent, sur la route…

L’accusation a quand même relevé que le site allait plus loin que de permettre de décharger des données GPS : les auteurs, par le système de classement et d’alertes, incitent les cyclistes battus à repousser leurs limites pour regagner la place d’honneur.

 

Le verdict :

Strava a été entièrement blanchi, la juge estimant simplement que le cyclisme comporte un risque assumé. Ah bon ??

 Velo_de_course_113.9_hibou_ange

Si on creuse plus loin :

Il a été confirmé que les sites Internet (aux Etats-Unis) ne portent aucune responsabilité, y compris en cas de conséquences graves (blessures, décès) suite à l’utilisation de leur site (tiens, tiens, une information intéressante pour moi aussi, il faudrait que je me plonge dans le droit suisse…).

En raison de cela, comme il n’y a pas vraiment de mise en garde de la part de l’auteur du site, le cycliste, dans le cas de Strava ne va pas être incité à la prudence. Combien de cyclistes auront lu les « 5 règles de bonne conduite » et surtout les auront appliquées ?

Pourtant, chacun reste responsable de ses actes et du risque encouru. Il ne doit pas agir de telle ou telle manière juste parce qu’un réseau social l’y encourage.

 

Mais quand même…

Strava, avec son système d’alertes lorsqu’on perd son titre, ne va-t-il pas un peu trop loin ? N’incite-t-il pas les cyclistes à ne plus voir que la gagne, le challenge, au détriment du bon sens ?

D’autant plus que dans le cas de ces compétitions, il n’y a pas de classement par catégorie : vous ignorez contre qui vous vous battez ! Qui sait si le pseudo qui vient de vous battre à plate couture n’est pas un ancien professionnel ? (je ne citerai pas de nom…) Vous n’avez aucun repère !

Finalement, avec des sites comme Strava, on perd de vue le fait qu’en tant que cycliste en chair et en os, roulant sur une route réelle, on n’est PAS un avatar dans un jeu vidéo, qui peut être détruit, puis renaître de ses pixels et repartir à zéro.

Velo_de_course_113.10_cyclistes_avatars

Dans la vraie vie, on n’a qu’une vie… et les autres aussi !

Alors des applications comme Strava pour enregistrer ses données et se lancer des défis, c’est très sympa (j’aime beaucoup ces gadgets, même si je n’utilise pas Strava), mais je dirais que c’est à manier avec prudence et modération…

Vous reprendrez bien un petit Strava ? :twisted:

Antoinette

 

 

 

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49 Responses to Strava ou La mort au bas de la descente ?

  1. Brunet Julien says:

    Dans votre analyse, malheureusement, vous légitimez l’absence de bon sens des utilisateurs, seul responsable de leur comportement et malheureusement de leur dangerosité. Qui plus est au États-Unis, ils sont relativement fort dans ce domaine.

    Strava est une excellente application, précises et complètes pour les passionnées de course à pied et de vélo.

    Julien BRUNET

  2. Dom says:

    Bonjour,
    J’ai découvert Strava et j’ai tout de suite accroché :
    1 – c’est gratuit
    2- cela permet de compiler mes parcours
    3- cela permet de voir mes temps… et de me comparer aux autres. Si l’esprit de « compétition » est parfois présent, j’y trouve surtout un fabuleux moteur de motivation
    4- cela donne des idées de sortie dans des régions que l’on ne connait pas, en examinant les parcours des uns et des autres
    5- c’est un bon vecteur de com’ pour les passionnés pour planifier des voyages, des stages, des vacances, etc… en rapport avec le vélo – on découvre que des gens viennent parfois de très loin juste pour faire des km dans la région dans laquelle on habite
    6- on peut mettre toutes ses activités en mode ‘privé’ et ne rien partager du tout !
    7- des pros sont sur Strava… on peut voir à quelle vitesse ils passent là où on roule (quel autre sport permet ce genre de comparaison ?)
    8- Strava c’est mondial – il est étonnant de voir les modes de pratique de son sport favori dans d’autres pays.
    9- l’application est terriblement rapide, fluide, facile et (1-)… gratuite !
    Peut-être que je me lasserais, mais je dois bien reconnaitre que cette application devait être inventée.

  3. Bhs says:

    C’est facile de renvoyer la faute sur une application où la compétition entre utilisateurs est présente. Nous sommes humains et avons un cerveau. Foncer tête baissé sans regarder les éventuels risques, chuter et se blesser, et ensuite accuser l’application… C’est la meilleure ça.

    Le cyclisme est un sport à risque oui, même les pros chutent et malheureusement décèdent quelque fois, sur routes fermées !!.

    Il faut savoir être responsable, attentif et savoir quand on peux faire telle et telle chose… C’est malheureux pour ces personnes décédées mais ce sont les risques du quotidien…

  4. john says:

    Votre post est dénué de bon sens… on voit bien que vous n’êtes pas une sportive (!!!).

    Strava est une super application très motivante et effectivement addictive mais ne vaut il pas mieux être addict au sport qu’aux autres dépendance bien connues? le sentiment de compétition qui anime tous les sportifs est effectivement démultiplié par ces applications mais on n’est pas obligé de faire n’importe quoi non plus !! c’est trop facile de dire que c’est la faute à strava… on est libre dans notre pays si on veut faire une descente à tombeau ouvert pour battre un record c’est son propre choix et surtout pas la faute de je ne sais quelle application (!!) c’est trop facile d’accuser. c’est comme le fait de fumer, on n’oblige personne à fumer mais si tu veux prendre les risque de faire un infarctus à 45 ans c ‘est ton problème !! IL faut laisser les gens vivre.. c’est terrible de penser comme vous (même si le fond de la pensée est bon je reconnais ;-) ).

    amicalement
    Jérôme

    • Antoinette says:

      Bonjour Jérôme,
      Merci pour votre commentaire et pour votre opinion ! Petite parenthèse concernant le sport : tout dépend quelle définition on donne à « sportif », mais personnellement je m’estime sportive. En revanche, c’est vrai, je ne me bats pas (plus) contre le chrono ;-)
      Quant à Strava (mais ça aurait pu être une autre app), je trouvais intéressant de lancer ce débat à une époque où trop souvent on cherche immédiatement un coupable, au lieu de prendre ses propres responsabilités. Il faut dire que la société actuelle ne favorise pas une telle orientation.
      Mais je vous rassure, personnellement, je suis 100% pour que chacun prenne ses responsabilités ! Et je suis contente de voir que vous le pensez aussi et c’est tant mieux.
      Bonne route !

  5. Dans la mesure où c’est pour améliorer ses performances, même peu, Strava ne peut pas faire de mal. Après les jeunes ont besoin de challenge et c’est là que le problème se pose. C’est pas la première fois qu’un jeune qui se croit à l’abri de tout se mette à relever ce genre de défi au détriment de sa propre vie. Pour moi ce ne sera pas la dernière fois qu’on entendra ce genre de triste nouvelle, que ce soit avec Strava ou avec une autre appli.

    • Antoinette says:

      Je suis d’accord avec toi Delphine, si on peut ainsi motiver les jeunes à se dépenser physiquement grâce à des challenges. Maintenant, je pense que les produits proposés ne doivent pas permettent des défis qui dépassent les limites de sécurité au point de devenir vraiment dangereux, comme avec des troçons en descente.

  6. Raph says:

    Je ne comprend pas le raisonnement,
    Lorsque je consulte mes performances sur Strava, je me compare aux autres cyclistes ayant parcourue les mêmes segments que moi. A force il y a des nom qui reviennent et que j’aimerais dépasser, c’est évident je ne m’en cache pas. Mais la ou l’aspect virtuel de Strava s’arrête, c’est qu’il devient possible de s’entraîner avec des personnes motivées et de niveau équivalent habitant les environs. Ce qui ne serai peut être pas impossible sans cette application mais tout du moins plus restrictif.

    Apres qu’un « débile » transgresse les règles du bon sens et se tue. Cela n’engage que lui. Sur les X milliers d’utilisateurs, statistiquement, il est « normal » qu’il y est ai 1 ou 2 tarés. Ce qui me rassure, c’est qu’en vélo, il y a peux de chance que les occupants de la voiture en face se retrouve dans le même état que lui.

    Enfin tout ca pour dire, qu’il est temps, je pense de responsabiliser les gens, et ne pas tout verrouiller, réglementer, aseptiser. Au risque qu’un jour il y ai un dérapage, mais sur combien ?

    Je pratique le « Stravisme » mais de manière réfléchie, du moins je l’espère.
    JE vous souhaite un bon week-end.

    • Antoinette says:

      Merci pour ton témoignage Raph ! Ton commentaire à propos des occupants de la voiture m’a fait bien rigoler, toutes proportions gardées par rapport à la gravité de la situation bien entendu.

  7. jordan says:

    bonjour antoinette,
    je regarder un peu tout se qu’il y as sur le net, je suis tomber sur votre article,
    je ne trouve personnellement aucune utilité a cette application (que je ne connaissait pas avant de lire ) car oui on peut vouloir être bon mais le but du vélo (et surtout de la descente ) et avant tout de se vider la tête, j’ai moi même un équipement complet pour faire de la dh je la pratique mais la seule compétition que je pratique est celle avec mes amis. UNE compet avec des gens que tu ne connais même pas et qui pourrait te coûter un bras ou la vie et totalement inutile (cela reste mon point de vue même si je pense qu’il est approuver par pas mal de monde )

    • Antoinette says:

      Jordan,
      En effet on peut envisager le vélo de différentes manières, tout dépend de chacun…
      L’esprit de compétition a cependant toujours fait partie de l’être humain, ensuite à chacun après de prendre ses responsabilités, évidemment !

  8. Pagès Yves says:

    Dans nos sociétés modernes, on a petit à petit volontairement enlevé le principe de responsabilité individuelle.
    Quand on fait des conneries, ou des actions qui nous poussent à nous mettre en danger (ou pire quand on expose les autres), c’est toujours la faute à quelqu’un d’autre, à quelque chose, jamais la sienne.
    Terrible constat de décadence ou de déclin !

    • Antoinette says:

      Merci Yves pour ton opinion – et désolée pour ma réponse très tardive.
      La question de la responsabilité individuelle est un grand débat… Personnellement, je suis de ton avis.

  9. Vincent says:

    Bonjour Antoinette,

    Je feuillette régulièrement ton site et tes articles super bien construit qui vont plus loin que la plupart d’entre nous, avec une réflexion bien construite autour de notre sport.

    Je découvre cet article seulement aujourd’hui et je trouve que tu as fait le tour de manière très objective.
    Pour mon cas personnel, Strava est une belle découverte et je me suis bien fait prendre au jeu des grimpettes autour de chez moi. C’est réellement un moteur d’entrainement pour avoir la motivation de se « faire mal » pour progresser en grimpée.
    Par contre, me concernant je trouve que se chronométrer en descente est une belle niaiserie. Trop de facteurs variables entre en compte si on souhaite rester en sécurité et de ce fait le temps final n’est que le fruit du hazard (voiture, visibilité etc…) et mettre la main la dedans c’est prendre des risques à la con pour rien ; surtout sur la route. De même les furieux qui essayent de faire péter des temps sur des portions de voies vertes bourrées de gens qui se promènent sont inconscient. Le problème reste celui de ce qui fait énormément défaut de nos jours : celui du bon sens… et de la gestion de la frustration.

    Moi je sais que j’ai un niveau qui n’égalera jamais celui des cakes qui tournent dans la région ; je me bat essentiellement contre moi même et c’est déjà un formidable vecteur de progression. Strava a l’avantage de te faire tous les calculs en automatique.

    Le cas décrit ci dessus est assez emblématique : le gars n’est pas bon en montée, alors il cherche un terrain ou il croit qu’il est bon (en réalité peu de gens « font » les descentes à l’entrainement) et il se flingue…
    Moi perso, les segments en descentes, dès que j’en voit un, je le masque. Il ne sert à rien de se tenter.

    merci pour ton article et bonne route!

    • Antoinette says:

      Bonjour Vincent,
      Merci pour ton témoignage sur Strava, qui démontre bien que tout est question de bon sens, de respect des autres, mais aussi de soi-même. Il est faut reconnaître que ces « gadgets » sont, comme tu le dis bien, un plus pour apprendre à se connaître et à progresser.
      Bonne route « stravienne » à toi !

      • Fabrice RAIMOND says:

        Bonjour Antoinette,

        Pour moi Strava est avant tout une application qui permet de centraliser ses données cyclistes : avoir un historique de ses parcours avec ses dénivelés, la puissance ou les calories dépensées, ce qui est un petit plus non négligeable par rapport aux fonctions d’un compteur vélo classique. De plus on peut partager ses parcours avec d’autres amis, préparer des sorties extérieures pour son club, etc.. Chacun peut trouver en Strava chaussure à son pied et c’est bien là l’important.

        Enfin on peut mesurer sa progression en parcourant de nouveau certains parcours qui sont une référence pour nous..

        Bref que du positif !!

        Je rappelerai juste l’histoire de ce conducteur de camping car américain qui a quitté le volant de son engin pour aller se faire un café à l’arrière et qui évidemment a terminé dans les décors (histoire véridique du délire américain ou on fait un procès pour tout et n’importe quoi). Il a ensuite porté plainte contre le constructeur du véhicule en disant qu’il n’était pas mentionné dans le manuel qu’on ne pouvait pas faire ça….

        La bêtise humaine n’a pas de bornes et dans toute application, on trouvera toujours des gens loufoques.. mais intéressons nous là pour une fois aux statistiques, quel est le pourcentage de ces illuminés du cerveau par rapport à la masse des cyclos et cyclotes qui utilisent cet outil avec toute leur bravoure et toute leur conscience ??!!

        Voilà vive les stravistes et que le site prospère et évolue encore beaucoup !

  10. Brigitte says:

    A propos du ski de couloir … seuls, non, pas toujours. C’est un des problèmes qui se sont posés ces dernières années. A cause d’internet, de l’évolution des techniques et du niveau global des skieurs, l’engouement pour la pente raide est devenu énorme. Et certains de ces couloirs deviennent bien dangereux en cas de surfréquentation … il y a celui qui fait partir une plaque, celui qui rate son virage et embarque celui du dessous dans sa chute … et tous ces gens qui sont là parce qu’ils ont lu un compte-rendu sur le web indiquant que la neige était exceptionnelle dans le couloir machin. Mais je suis loin de jeter la pierre … moi aussi j’ai été dans ces couloirs :) … c’est humain …
    Baptiste parlait des « pointes de vitesse » en descente … qui ne l’a pas fait … faut-il retirer le compteur pour autant ? Avoir des compteurs qui n’enregistrent pas la vitesse en descente ? ;-)

    • Antoinette says:

      Tu m’apprends quelque chose : je ne pensais pas qu’internet avait un tel impact sur le ski hors piste, mais finalement c’est logique ! Et comme tu dis, cela peut vite attirer trop de monde… Avant, j’imagine que cela se disait entre copains, mais avec le net, ça fait plus que simplement « boule de neige », ça provoque carrément une avalanche… et malheureusement parfois aussi au sens propre, comme tu dis.

      Quant à masquer la vitesse sur le compteur en descente… il suffit de ne pas le regarder, non ? A chacun de prendre ses responsabilités ;-)

      • Mathieu says:

        Bonjour Antoinette
        Je pense que dans tous les cas le civisme devrait faire partie de notre éducation.Malheureusement ce n’est plus le cas nul part,et aucun sport n’est épargné. Et je trouve en te lisant qu’il y a des personnes comme toi qui prennent le temps de remettre les choses à leur juste valeur .Bravo et Merci.

  11. Castor says:

    J’appelle ça la sélection naturelle :/

  12. Stephane says:

    Bonjour,

    Comme toujours, article intéressant et bien documenté !

    Pour ma part, assez technophile, je suis un utilisateur de Strava depuis un peu plus d’un an et je trouve que c’est une des meilleures applications qui existe actuellement. J’utilise également d’autres services online comme Runtastic, Runkeeper, Garmin Connect, RidewithGPS et je trouve que Strava a une bien meilleure ergonomie pour « analyser » ses sorties à froid. On peut aisément comparer ses propres performances sur deux sorties identiques, ou simplement sur deux portions de route (segments). On a accès à la puissance (en sachant que la marge d’erreur de ce genre de calcul est d’environ 10%), ce qui est assez intéressant pour évaluer sa progression, ou estimer un temps que l’on peut espérer faire dans une course. L’interface web fonctionne également très bien avec les produits Garmin.

    Après comme ça a été déjà dit précédemment dans les commentaires, c’est à l’utilisateur de se fixer ses propres limites. Personnellement si je me prends au jeu d’obtenir un KOM (king of mountain) sur un segment, comme son nom l’indique, c’est seulement pour une belle grimpette en montagne ! Filer à « tombeau ouvert » dans une descente ne représente à mes yeux pas un défi, mais plutôt de l’inconscience …

    En un mot je conseille cette application à toute personne « sensée » :-)
    Les autres, passez votre chemin, vous risqueriez de vous mettre en danger !

    Stephane

    • Antoinette says:

      Merci Stéphane ! Super ton analyse des autres applications : j’avais aussi installé Runtastic par curiosité, mais finalement sans jamais testé non plus… C’est bon à savoir que Strava « tient la route » – si elle est utilisée correctement, c’est évident !

      Et ce qui me fait sourire, puisque tu mentionnes ce fameux KOM (king of mountain) de Strava, c’est qu’il est fait allusion au grand prix de la montagne chez les pros et qu’effectivement il n’y a pas de KOD (kind of downhill) ! Laissons ce défi aux vététistes de downhill – pour autant qu’ils le fassent sur un track fermé et pas sur des sentiers pédestres…

  13. Isabelle Magnin says:

    Bonjour Antoinette,
    J’ai decouvert votre blog il y a peu de temps, apprecie beaucoup votre passion et connaissance du cyclisme et que vous partagiez celles-ci avec nous autres. Je suis une utilisatrice de Strava, et habite en Californie a 1h de Berkeley et de San Francisco, ou l’affaire Kim Flint a fait pas mal de bruit ici dans la communaute cycliste de la Bay Area. J’ai lu avec beaucoup d’interet l’article du magazine Bicycling moi meme, article intitule the Strava Files, il etait extremement bien documente.
    Pour vos lecteurs qui parlent anglais, et qui peut-etre souhaiteraient le lire en entier et dans sa version originale, je me permets donc de copier le lien vers cet article.
    http://www.bicycling.com/news/featured-stories/strava-files

    Je me permets aussi, si vous me le permettez, de prendre la defense de l’application qui s’est retrouvee au centre de cette chasse aux sorcieres. Kim Flint, celui qui est decede cherchant a recuperer son titre de King of the Mountain dans cette descente, ainsi que Chris Bucchere, celui qui est responsable de la mort d’un pieton a San Francisco, n’ont pas fait preuve de sens civique, moral et tout simplement de raison. Comment peut-on rendre responsable les constructeurs de voitures Porsche ou Ferrari d’un accident que l’on a cause en roulant trop vite. Des outils/produits qui mal utilises peuvent se reveler dangeureux sont legions, a nous de les utiliser proprement, de respecter les autres, et les regles qui s’appliquent ( dans le cas Strava, les regles de la route ).
    Je suis une utilisatrice de Strava depuis un an et demi et cette application m’apporte beaucoup. Tout d’abord elle me permet de voir mes progres sur des segments precis que je fais regulierement, ce qui est fort motivant. Mais elle m’offre aussi une plate-forme sociale vraiment sympa. Avec mes « followers » nous pouvons voir et commenter les sorties des uns les autres. Sans compter que Strava est devenu comme un journal de bord de mes sorties hebdomadaires. Facile d’utilisation, il garde toutes les infos necessaires et je peux y revenir et les regarder quand je le souhaite. L’application Strava est lancee au debut de chaque sortie, mais mon telephone est dans la poche de mon maillot, et il y reste jusqu’a la fin de la sortie lorsque j’arrete l’enregistrement des donnees. Les resultats sont analyses en fin de sortie avec les copains devant un hamburger et une biere, et ils sont sources d’eclats de rire et d’exclamations, mais jamais nous ne mettrions notre vie en danger, ou celle d’autrui a cause de ceux-ci.
    Sincerement, happy and safe cycling, Stravabelle.

    • Antoinette says:

      Bonjour Isabelle,

      Merci pour votre témoignage ! Je n’imaginais pas que mon article aurait un écho jusqu’en Californie. Merci aussi d’avoir mis le lien sur l’article original en anglais : je l’ai lu en version papier et n’ai pas pensé à la version électronique.

      Je vais tout à fait dans votre sens par rapport à la responsabilité de chacun vis-à-vis des outils qu’il utilise (j’aime bien votre comparaison avec les voitures de sport, c’est très parlant). Et j’avoue que j’ai écrit cet article un peu pour provoquer, mais aussi parce que j’ai été très surprise du verdict du procès : il me semble que d’habitude aux Etats-Unis les plaignants obtiennent plus facilement gain de cause contre des entreprises, ou du moins une part de dédommagement, davantage qu’en Europe par exemple. C’est pourquoi justement le bon sens de la juge qui renvoie le cycliste à ses propres responsabilités était suprenante pour moi !

      Mais comme vous le dites bien, cette plateforme peut aussi avoir des côtés très conviviaux, « stravaddict », mais sans excès pourrrait-on dire ? Cet aspect de Strava est peut-être moins répandu dans l’Europe francophone, par le fait que la plateforme n’existe qu’en anglais sur le web (seule l’app est traduite). Par contre, elle a beaucoup de succès en Angleterre à ce que j’ai pu voir.

      Je vous souhaite de belles strava-sorties, en toute convivialité ! :-)

  14. Moi je n’utilise pas Strava, mais si j’avais une meilleure maitrise de mon GPS, je l’utiliserai sans doute ! Mais comme ça a été dit et redit… à chacun de savoir un peu comment utiliser les outils qui sont à notre disposition ! Etant plus jeune, je prenais plus de risques en descente, dans le but de ‘battre ma pointe de vitesse record’. Stupide, mais chacun doit se faire son expérience, et, théoriquement, réaliser un jour que la sécurité doit peut être primer dans certains cas de figure.
    Mais c’est sur que Strava est pointé du doigt, car il met en compétition au niveau mondial, théoriquement, toute personne qui a un GPS, donc ça attise la curiosité. Il parait même que certains affichent sur Strava des sections chronométrées… à bord d’une voiture, dans le but de l’emporter !!!! Incroyable.
    Enfin bon. Quand je veux vraiment m’arracher, il me reste le col de la Faucille au départ de chez moi: à peu près 1h10 d’effort intense. Une fois arrivé en haut, je prend note de mon temps (mentalement ou sur le téléphone portable), puis je fais demi-tour…. et là, fini le chrono, je descends tranquillou et me rentre en mode ‘récup’ !

    • Antoinette says:

      Comme tu le dis très justement, on a (presque) tous/toutes été casse-cou à un moment donné, que ce soit dans le sport, en voiture ou ne serait-ce qu’en descendant les escaliers sur la rampe etc. avec plus ou moins de (mal)chance et ensuite la raison reprend le dessus… généralement ! Alors ça me rassure que tu ne fais la course que dans la montée de la Faucille. Soit dit en passant, c’est un parcours exigeant et comme coupe-jambe, elle porte bien son nom ;-)

  15. claire says:

    un article qui montre comment la technologie utilisée stupidement peut conduire au drame.c’est dommage que tout devienne codifié comme sur le tour de France d’ailleurs ou l’on a vu beaucoup de cycliste sans cesse parler ds leurs oreillettes avant une action(Non, je ne citerai pas de nom!!!!)
    pour ma part j’aime bien rouler selon ma forme du moment et prendre plaisir a regarder le paysage….le compteur ne me sert pas a chaque fois.
    oui pour la technologie au service du cycliste et pas le contraire!

    • Antoinette says:

      Tout à fait d’accord avec toi Claire ! Et d’ailleurs, sur le TdF, ces oreillettes ont déjà causé des accidents… Je suis tombée (au sens figuré !) sur cet article de l’ancien coureur Cédric Vasseur : « Le vélo c’est pas la Playstation! » avec une photo qui parle d’elle-même…

      Mais la suppression de l’oreillette est dans l’air du côté de l’UCI… et elle n’est pas autorisée sur d’autres courses comme le Tour de Romandie par exemple. A suivre pour le TdF!

      Et note que certains cyclistes amateurs utilisent aussi l’oreillette… pour avertir à la maison qu’ils auront du retard pour le dîner de famille :-(

      • claire says:

        Tout a fait d’accord avec cet article…Espérons que l’on revienne à un peu de bon sens pour retrouver un cyclisme qui nous donne de l’emotion!
        Qd au cycliste du dimanche qui utilise l’oreillette!!!!
        No Comment!!!!!

        • Antoinette says:

          L’oreillette, en fait c’est ringard ! :-)

          En plus discret, il y a l’implant dentaire (The Tooth phone) – ou simplement une puce collée à une dent. Le son se diffuse directement dans l’oreille interne, sans les bruits parasites extérieurs.

          Et concernant Strava, je viens de tomber sur cet article : « Strava débarque sur les Google Glass » ! Il faudra bientôt installer un pilote automatique sur son vélo, parce que là, on n’aura vraiment plus le temps de regarder où on va…

  16. bruguier says:

    bonjour

    j’ai regardé la montée de l’espigoulier et la vitesse du premier est totalement irrealisable d’autant qu’il bat nettemenr remi pauriol
    c’est dommage car a part ca c’est tres interessant mais on trouve beaucoup de coureurs etrangers qui font des performances d’extraterrestres perso ce qui m’interresse ce sont mes propres perfs de plus ces « cyclistes ne viennent jamais sur des epreuves ce qui si c’etait le cas demontrerait leur faible niveau

    • Antoinette says:

      Ah oui, ça c’est une magouille dont je n’ai pas parlé : avec ces programmes, il est évidemment très facile de tricher ! Comme s’accrocher un moment à la voiture du copain pour « améliorer » son temps dans une montée… Mais pourquoi agir ainsi ? C’est le mystère de l’être humain… Et ces cyclistes n’iront en effet pas se ridiculiser ensuite sur une cyclo, c’est évident !

      Mais la tricherie à vélo ne date pas de l’aire de l’électronique : il y a une douzaine d’années, j’avais entendu parlé d’un cycliste qui faisait tourner sa roue sur un support dans son garage pour faire croire aux copains qu’il avait fait beaucoup de kilomètres… :-(

  17. Catherine says:

    Bonsoir Antoinette, et merci pour ce sujet dont je n’avais jamais entendu parler, mais très intéressant et qui ne me surprend pas vraiment.
    Aujourd’hui, les gadgets électroniques sont partout. Je pratique aussi la voile en croisière, et là aussi, les écrans se multiplient dans les cockpits, et ceux qui (comme moi) naviguent dans la simplicité passent un peu pour des « ringards ». Je pense que les chiffres sur un écran donnent un sentiment de maîtrise – un sentiment faux, et donc potentiellement dangereux. Personnellement, à vélo comme en mer, c’est le paysage que je veux voir, pas un écran, et je veux apprécier toutes les sensations et les émotions que la pratique me procure. Et apercevoir un écureuil au détour d’un bois m’apporte plus de joie que gagner 1 km/h sur un tronçon donné.
    On oublie souvent une chose : la vitesse est une donnée mesurable, mais la perception de la vitesse est subjective, donc non mesurable. Cela explique aussi que le fameux « trouillomètre » est positionné diversement selon les personnes…

    • Antoinette says:

      Bonjour Catherine,

      J’imagine bien qu’en voile, l’électronique est encore plus intrusive qu’à vélo, mais elle a tout de même plus une orientation « sécurité » qu’en cyclisme : à ma connaissance, un compteur de vélo n’a jamais sauvé une vie, au contraire… Mais tu as raison, il faut aussi lever le nez !

      En voile, je viens justement de lire dans le dernier n° de Sport & Vie qu’une course nommée « Mini Transat » (traversée de l’Atlantique nord en solitaire) n’autorise comme kit d’aide à la navigation que 15 cartes marines et un sextant : là au moins, les concurrents prennent le temps de regarder le ciel… pour ne pas se paumer ! :-)

      • Catherine says:

        L’électronique à bord des voiliers ne sert plus seulement à la sécurité, mais aussi à optimiser les parcours, les trajectoires, les réglages – parfois justement au détriment de la sécurité élémentaire. En effet, contrairement au cerveau humain, le gadget électronique est totalement dépourvu de bon sens, il peut vous envoyer sur un récif sans aucune émotion :-)

        • Antoinette says:

          J’imagine que c’est un peu comme le GPS en voiture : bien utile, mais à faire trop confiance, certains finissent à contre-sens sur l’autoroute !

  18. gerard BOUCHER says:

    Je n’utilise pas strava, mais j’apprécie beaucoup ton analyse toujours très documentée.
    Merci pour les amateurs de vrai vélo.
    Gérard

    • Antoinette says:

      Merci Gérard !
      Je reconnais que cette histoire m’a interpelée, et commme elle ne semblait pas avoir traversé l’Atlantique, même si Strava est largement utilisé en Europe, je voulais la partager ici.

  19. David says:

    Très instructif sur l’esprit du temps.
    Je ne crois pas que ce soit la compétition qui soit à pointer du doigt, mais bien cette tendance à se river (de manière imbécile pour certains) à toutes sortes d’écran, n’importe où n’importe quand. Même à vélo! Comme si l’expérience de la réalité empirique directement objectivée ne pouvait être saisie et appréciée (dans sa capacité à donner des sensations, des satisfactions) que par le détour de sa représentation dans le virtuel par la technique. Il ne s’agit pas d’imagination non plus. La vraie affaire, pour le technophrène, ce n’est pas de jouir, par exemple, de sa dextérité à contre-braquer dans une courbe serrée ou à fendre l’air goûteux à 90 km/h en plein contrôle de soi et de son vélo dans la réalité de la pente, ou de le fantasmer, mais bien de voir si, au classement universel d’une plate mise en réseau, il dépasse virtuellement ses milliers d’adversaires inconnus. Dans ce grand rallye décontextualisé, dérèglementé, donc en quelque sorte sans honneur, et mise en scène par quelque générateur d’applications sans âme, c’est encore une poignée de margoulins 2.0 qui sortent gagnants (avec du vrai fric) au bout de compte, et ce, après avoir fait entrer dans les moeurs un autre biais comportemental qu’il faudra bien un jour commencer à critiquer en profondeur.

    • Antoinette says:

      David,

      Je te rassure, pas besoin d’un smartphone, certains roulent avec le nez sur leur petit compteur à 30 balles au lieu de regarder le paysage ! Pour ma part, je découvre ma vitesse maximale après être arrivée en bas de la descente et ma vitesse moyenne une fois à la maison… ;-)

      Personnellement, j’adore ces nouvelles technologies, mais à dose raisonnable, sans me laisser dominer. La preuve, à vélo ça fait 2 ans que j’ai arrêté de décharger mes données sur l’ordi, car je trouve que j’ai mieux à faire quand je rentre d’une sortie. Mais je vais quand même tester Strava au moins une fois, juste par curiosité ! Sur un segment en montée:-)

  20. Brigitte says:

    Le sujet m’intéresse beaucoup, même si je ne suis pas utilisatrice de strava. Plusieurs de mes amis l’utilisent, et s’amusent un peu dans les montées avec les segments chronométrés. Si j’avais un GPS ou un smartphone, je serais sans doute utilisatrice. Ne serais-ce que pour le graphique qui met en couleur les routes où on est déjà passé !

    Le sujet m’intéresse d’autant plus que , il y a quelques années, la question de responsabilité d’un site s’est posée au sujet du ski alpinisme . parmi les contributeurs, il y avait des skieurs de très haut niveau pratiquant le ski extrême ou plus modestement le ski de pente raide, d’autres sortant par des conditions nivologiques délicates (ce qui posait la question de la prise de risque) , d’autres cherchant à faire le plus grand dénivelé annuel. Ils rentraient (et rentrent toujours) leurs sorties sur internet, ce qui peut jouer un rôle dans la prise de décision des autres. Certains voulaient « censurer » certaines sorties .

    Personnellement je pense qu’à force de protéger les personnes dans nos sociétés, il y a une déficience de la prise en charge individuelle du risque. Par exemple, certains parents passent leur temps à dire à leurs enfants « tu vas tomber ». Ces mêmes enfants, le jour où ils n’ont pas leurs parents, cherchent à se hisser sur la rembarde du balcon !!! Où à l’emporter sur un segment strava en descente ….
    Dans nos sociétés, ce qui est un peu rigolo devient tout de suite interdit, comme les baignades en rivière.
    La prise d’un certain risque (variable d’un individu à l’autre) est inhérente à l’être humain … du coup certains s’engouffrent dans les brèches, un peu comme si on avait mis un grillage autour de nous, et qu’il y aie un trou. Certains sites sont ces brèches … apportent la flamme, l’excitation …

    Rien d’autre à faire qu’apprendre aux jeunes à gérer leur propre sécurité, à savoir quand le prix à payer est trop grand pour le plaisir d’être en tête, à choisir leurs adversaires et leurs compétitions … mais il y aura toujours des dérives, partout.

    • Antoinette says:

      Brigitte,

      Ta comparaison avec le ski extrême est très intéressante, mais je trouve que c’est légèrement différent du vélo : sur une pente de neige hors piste, à moins qu’il y a d’autres skieurs extrêmes, on est le plus souvent tout seul. Ce qui n’est pas le cas sur des routes à circulation et encore moins à travers des carrefours.

      Ceci dit, je suis tout à fait d’accord avec que chacun doit évaluer les risques et prendre ses responsabilités : celui qui crée un segment à travers un carrefour est déjà inconscient, mais celui qui le défie l’est encore plus à mon avis !

      Mais comme tu le dis bien, dans cette société on déresponsabilise les gens de plus en plus. Et avec un programme comme Strava, on en arrive en plus à confondre virtuel et réel, alors avec le goût du risque et l’addiction en plus… il nous faudrait davantage de routes fermées !! Je rigole.. ;-)

  21. Anthony says:

    Bonjour Antoinette;
    Toujours aussi intéressant ton blog, ca fait tout juste une semaine que je te lis
    et j’apprend des choses pertinentes.
    Je ne connaissais pas Strada et cela évoque pour moi dans ce sujet la problématique de la descente.
    On peut s’adapter en montée mais la descente est un art (si on recherche de la vitesse et la performance).
    Je refais depuis peu du vrai course avec le cintre qui va bien (avant j’avais un cintre plat sur un fitness)
    et j’ai pas été confiant lors de ma première descente à « seulement » 35 km/H…
    Depuis je fais le même parcours avec toujours le même descente de 5km vers la fin et je tache de m’appliquer
    et comme je l’ai lu dans un autre topic, il faut faire du gainage et serrer les fesses tout en relâchant le haut
    (rien que ca !). Je vais m’y atteler, promis.
    Bon bref je ne vais pas tomber dans le « storytelling » n’est-ce-pas?
    Dernière chose, j’ADORE les nouvelles technos avec smarphones et tout ca mais pour ma part, en vélo seul le cardio compte
    vraiment, et là pour le coup bravo aux ingénieurs et développeurs.
    @plus
    Anthony

    • Antoinette says:

      Anthony,

      Je te rassure, je suis une catastrophe en descente ! La théorie je la connais (position, trajectoires…), mais j’ai le trouillomètre qui est resté bloqué tout en haut… La descente est en effet tout un art, et certains professionnels perdent une course à cause de cela. C’était flagrant sur le Tour de France 2013.

      C’est très intéressant ton expérience avec le changement de cintre : je ne pensais pas qu’un cintre droit pouvait être plus inconfortable qu’un cintre de course. Bon à savoir !

  22. Jacques says:

    J’utilise aussi Strava pour enregistrer mes parcours… et je suis régulièrement dans les derniers des segments chronométrés! Peu importe! Ce qui m’intéresse, c’est l’évolution à plus long terme.

    • Antoinette says:

      Ah Jacques, tu me donnes envie de tester ces segments : avec un peu de chance je serai lanterne rouge ! C’est aussi une place sympa :-D

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