Votre casque vous protège-t-il vraiment ?

 

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Vous êtes-vous déjà demandé :
« Est-ce que mon casque me protège réellement en cas de chute ? »

Votre casque, si léger, super bien ventilé, ce petit morceau de polystyrène ajouré, quels sont ses secrets en matière de protection ?

Je viens de lire plusieurs articles passionnants à ce propos et voici en résumé ce qu’il en ressort :

 

Votre casque répond à des normes sévères…

En effet, votre casque doit présenter autant de résistance qu’un casque de moto en cas de choc. Quand on voit descendre les cyclistes professionnels à 100 km/h dans les cols, ils n’ont en effet rien à envier aux motards…

Votre casque doit également être efficace à des températures allant de -20°C à + 60°C.

En Europe, la norme pour les casques est le marquage CE (que vous devez trouver inscrit sur une étiquette à l’intérieur de votre casque), qui correspond à la directive 89/686/CEE.

Aux Etats-Unis, c’est la norme CPSC, mais qui présente les mêmes exigences que la norme européenne. On la trouve aussi au Canada qui lui, a aussi d’autres standards tels que : CSA, EN, ASTM, ou encore Snell B90/B95.

Mise en garde : avec le temps (soleil, chaud/froid), votre casque perd de son efficacité en matière de protection. Vous trouverez plus de détails dans mon article sur l’entretien et la durée de vie de votre casque.

 

…Mais des normes immuables depuis les années ’90 !

En effet, depuis la création des premiers casques – tels qu’on les connaît aujourd’hui – les formes ont évolué pour améliorer l’aérodynamisme et la ventilation, mais pas les mesures de protection.

Or, votre casque vous protège en cas de chute (sinon on n’en mettrait pas), mais il ne protège pas de toutes les lésions ! En effet :

 

Fracture du crâne versus commotion cérébrale :

Votre casque vous protègera d’une fracture du crâne, c’est-à-dire qu’il amortira un choc violent et direct sur la tête.

En revanche, il ne vous protègera pas d’une commotion cérébrale.

Pourquoi ?

La commotion cérébrale survient même à la suite d’un choc léger, alors que votre casque n’a pas craqué et qu’il présente à peine quelques éraflures… bizarre, vous direz-vous ?

Non, logique !

Une commotion est provoquée par un mouvement de rotation du cerveau dans la boîte crânienne, déplacement heureusement amorti par des fibres appelées axones (composant la substance blanche) qui vont absorber le choc et protéger ainsi votre matière grise.

Mais cette absorption peut faire quelques dégâts au niveau de ces fibres, dont on pense que certaines se déchirent, provoquant cette fameuse commotion.

 

Impact direct versus mouvement de rotation :

On comprend alors que si un casque est capable d’absorber l’impact d’un choc direct – et nous éviter ainsi une fracture du crâne – comment lui faire jouer le rôle d’ « absorbeur de rotation du cerveau » ?

Pas évident !

Et en plus ça n’intéresse personne – ou presque – de développer un tel casque, car aucune révision des normes n’est à l’ordre du jour.

Il y a pourtant un inventeur qui a mis au point un casque renfermant… du carton ondulé ! Voici un article sur ce casque appelé le Kranium.

 

Alors, faut-il quand même porter un casque ?

Personnellement, je dis oui, au moins pour se protéger contre les fractures, les trous et autres éraflures.

Mais s’il vous arrive de vous taper la tête – avec votre casque – sans qu’il y ait de gros dégâts, je vous conseillerais quand même :

  • de vérifier si vous ne présentez pas les symptômes d’une commotion (plus d’infos ici) et de consulter éventuellement un médecin
  • de jeter votre casque et d’en racheter un neuf (aïe !… mais c’est pour votre sécurité)

En effet, même si votre casque ne présente que quelques égratignures, sa structure interne peut être abîmée (c’est impossible à voir) et il ne vous protègera plus correctement.

 

Quelques effets surprenants du port du casque :

Logiquement, l’augmentation du nombre de cyclistes casqués devrait être inversement proportionnelle au nombre de blessures, et pourtant ce n’est pas le cas ! C’est à cause de ce fameux problème des commotions… Mais je vous rassure, le nombre de traumatismes crâniens graves, lui, a bel et bien diminué !

Il semblerait que certains cyclistes prennent plus de risques dans les descentes quand ils portent un casque, se sentant apparemment plus sécurité… On retrouve en tout cas ce phénomène dans d’autres sports à risque, comme snowboard par exemple.

Et pour finir, cette constatation étonnante : des études ont montré que les automobilistes laissent davantage de place :

  • aux cyclistes sans casque

et :

  • aux cyclistes casquées avec des longs cheveux !

Faut-il en déduire que pour s’assurer un maximum de sécurité, il faudrait fixer une belle tresse blonde à notre casque ? Ce serait intéressant de tenter le coup… C’est en tout cas ce qu’a fait le cycliste australien qui est arrivé à cette conclusion ! :-D

Antoinette

 

 

 

 

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9 Responses to Votre casque vous protège-t-il vraiment ?

  1. Hugo says:

    Merci fanch pour ses bon conseil.Partir le dimanche matin est donc l’horaire le meilleur :)
    Bon été
    Hugo

  2. pierre says:

    bonsoir,

    Le casque peut être aussi un piège à insectes piqueurs du style abeille … ( il y a peut être un truc à écrire sur les insectes et le cyclisme ) : )

    blog sympa et intéressant.

    • Antoinette says:

      Bonjour Pierre et merci pour tes compliments !

      Curieusement, d’après les témoignages de cyclistes que j’ai recueillis, ce n’est finalement presque jamais à la tête qu’on se fait piquer… il m’arrive de me faire piquer 1-2 fois par saison par des abeilles ou des guêpes et un peu plus par des taons (jambes principalement, mais aussi une fois une abeille sur la lèvre – par collision), mais ça ne m’est jamais arrivé sur la tête. J’attrape de temps en temps un insecte, mais il trouve presque toujours la sortie… Ceux qui ne ressortent pas sont souvent petits et inoffensifs… mais chatouillent !

      Mon casque ne comporte pas de filet, mais il existe certains modèles qui en ont un et ce serait en effet peut-être une solution si tu veux être mieux protégé. Par contre cela doit tenir un peu plus chaud, car le casque est moins bien aéré, forcément !

      Pour ce qui est des insectes à vélo, j’avais écrit cet article :

      http://velodecoursepourleplaisir.com/sante-2/piqures-d-insectes-a-velo

      J’espère que tu y trouveras quelques réponses à tes questions :-)

  3. Hugo says:

    Ok merci pour ses conseil bien intéressent.Bonne vacances et bon Tour de France :)
    Hugo

  4. Hugo says:

    Bonjour Antoinette
    J’ai 13 ans et je fait du vélo(de course) chez mon père(je serais chez lui au mois d’août).J’ai un bon vélo(il a 1 an mais je les très peu utilisés:il doit avoir une douzaine d’heures dans les pédales).Ma question est:Avec qui et ou je pourrait faire du vélo?
    J’habite à Tulle(dans les hauteurs) donc il y a des cotes :)
    Je devrait plutôt le faire en ville et sur les routes plates ou dans les cols ou (je pense) ses plus dangereux.
    Merci d’avance et vous(ou tu) avais un très bon site ;)
    Hugo

    • Antoinette says:

      Bonjour Hugo et bienvenue sur mon blog !

      Pour répondre à ta question, je dirais que l’idéal serait effectivement de rouler avec quelqu’un d’autre : est-ce que ton père fait du vélo ? Ou peut-être un voisin ? Ce serait mieux en effet que tu n’aies pas seul, du moins au début.

      Renseigne-toi aussi s’il y a un club de vélo dans le coin : contactes-les pour voir s’ils font des sorties ou s’il y a des jeunes qui font du vélo et avec qui tu pourrais aller. Tu peux aussi essayer les forums de vélo comme par exemple velo 101 et demander s’ils y des jeunes cyclistes qui roulent dans la région où tu seras. Précises aussi que tu es débutant.

      Pour ce qui est des routes, je te conseille d’éviter la ville et les grandes routes. Si tu regardes sur une carte, choisis si possible les petites départementales (les D*** marquées en blanc). Au début, prends des routes qui montent peu, pour t’habituer aux changements de vitesses et acquérir un peu d’entraînement ! Garde les cols pour plus tard ;-)

      Si tu vas quand même rouler seul, je te conseille de toujours prendre un portable avec toi et si possible de dire à quelqu’un quel itinéraire tu vas faire.

      En tout cas je te souhaite bien du plaisir !

    • Fanch says:

      Bonjour Hugo,

      J’ajoute :

      – Commence par des petits parcours sur le plat, quitte à repartir si tu n’es pas trop fatigué, et en t’exerçant à déclipser tes chaussures sur les pédales. C’est un geste qui doit devenir un réflexe, c’est une question de sécurité.

      – D’accord avec Antoinette pour éviter la ville : n’importe quoi peut arriver à tout moment, et en cas d’arrêt d’urgence, avec des pédales automatiques, c’est la chute assurée. En plus, les vélos de route n’aiment pas trop les parcours constellés de ralentisseurs, plaques d’égouts, avaloirs et « cicatrices » de tranchées en tous genres. Si tu veux te balader en ville, fais-toi offrir un VTT qui te permettra également de découvrir les chemins creux.

      – Évite de partir par vent fort tant que tu n’es pas habitué. Les rafales de travers sont dangereuses, il faut une certaine habitude pour garder le contrôle du vélo.

      – Lèves-toi de bonne heure le dimanche, mets-toi tout de suite en tenue et pars à la découverte des routes impraticables en semaine à cause de la circulation. Le dimanche matin, les rois du bitume, ce sont les cyclistes.

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